samedi 15 mars 2008

Rédaction du mois : la politesse, les bonnes manières, le savoir-vivre

Aujourd'hui, je serais plutôt indélicat de ne pas traiter le sujet de la rédaction du mois. En effet, c'est moi qui, il y a plusieurs mois de cela, avais suggéré ce thème : les bonnes manières, le savoir-vivre, la politesse, la bonne éducation. Je ne sais pas pourquoi cela me tenait tellement à coeur (sans le savoir, je l'avais proposé deux fois....). Probablement parce que le manquement à certaines règles élémentaires m'avait à ce point heurté que je m'étais demandé ce qu'en pensaient mes contemporains (était-ce moi qui devenais vraiment vieux jeu, m'attachais à des détails sans importance, ou la vie en société pouvait-elle s'affranchir désormais du code des civilités ?

Nous aurons donc divers opinions et témoignages aujourd'hui à compter de midi, heure de Paris, puisque divers bloggers vont rédiger, comme tous les 15 du mois, un billet sur ce thème. Pour savoir ce qu'en pensent les autres rédacteurs, il suffira de cliquer sur chacun des liens suivants : Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigenia, Julien, Christophe, Hibiscus, Bluelulie, Anne, Joël, Looange, V à l'ouest, Jo Ann v, William, Catie, Nanou, Isabelle, Lelynx, Cecfrombelgium, Gally, Froggie, La Nymphette, Julie70, Aurélie N, Gazou, JulieMeunier, BlogBalso, Celine, Vladyk, Hpy, Lydie, Lucile, Guy Cardinal, Optensia, Linda, Denis, Yibus, Julie,

Personnellement, je persiste à penser que oui. Bien évidemment, la politesse n'est qu'un enrobage, qui dans bien des cas, peut s'assimiler à de l'hypocrisie. Certes. Mais la politesse est bien la première des diplomaties. Elle n'est pas une contrainte et, longuement pratiquée, devient pratiquement naturelle. La politesse a codifié, et policé les rapports humains depuis des siècles, et certainement évité bien des conflits, personnels ou étatiques.

Pour moi, la politesse, c'est quatre piliers :

-Bonjour
-S'il vous plait
-Merci
-Au revoir.

Avec ces formules, et avec l'art de s'en servir, on a fait quasiment tout le chemin. J'y suis très sensible, et ne pense jamais déroger à ces principes. Que ce soit pour ma famille, pour une caissière, pour le facteur, ou au passant à qui on doit demander quelque chose dans la rue. A contrario, donc, ces manquements me heurtent.

A un collègue qui arrivait (en retard) à 8h40, et sans me saluer, me demandait ce qu'il devait faire avec tel dossier, je le laissais parler et achever tout son discours. Puis, je le regardais droit dans les yeux :

-Bonjour, Guy.
-Ah... Euh, oui...bonjour.
-Tu disais donc ?

Retour pour lui à la case départ. C'est pourtant une clé fantastique, un simple bonjour ! Combien de portes cela ouvre-t-il !

Il n'y a rien qui m'énerve plus que quelqu'un en voiture qui vous arrête dans la rue pour vous demander son chemin, et, une fois le renseignement obtenu, relève la vitre et redémarre sans plus de cérémonies ! Combien de fois l'ais-je vécu à Montréal ! Ben comment peut-on donc se comporter comme cela ?

A pied, cela arrivait aussi. Mais (toujours à Montréal) quand on m'abordait illico en me demandant :
-Where is the Ste Catherine Street ?
Je répondais un bien parisien :
-Je ne comprends pas ce que vous me dites !
Et continuais mon chemin. Non que je ne savais pas, ou n'avais pas compris. Mais il manquait les mots magiques. C'est probablement puéril, mais je suis avant tout un être humain avant un poteau indicateur.

Dans le genre des questions dans la rue, je me souviens à Paris (il y a des années de cela !) avoir été abordé alors que je marchais avec Christine, une collègue, par une femme qui posait sa question en continuant à manger son sandwich ! Non seulement c'était incompréhensible, mais en plus on avait une vue imprenable sur le magma de mastication dans la bouche de notre "interlocutrice". On a eu un moment d'arrêt, Christine et moi. Nos yeux se sont arrondis, on s'est regardés, et, avant de partir tout court, on est partis d'un grand éclat de rire !

La politesse, c'est avant tout ces quelques petites paroles, et ces petits gestes du quotidien.
Par exemple, dire merci, c'est aussi envoyer un petit mot, ou donner un petit coup de téléphone, pour remercier d'une invitation à dîner. Combien le font, aujourd'hui ?

video

C'est aussi retirer sa casquette de base ball quand on mange au restaurant... Combien de fois ais-je vu de ces gars qui ont leur couvre-chef vissé sur la tête, en n'importe quelle circonstance ?

Ceci nous amène aux bonnes manières, au savoir-vivre. Une autre codification, plus sophistiquée, de la politesse.

Mais c'est, je pense, avant tout, une affaire de bon sens. Tenir une porte, ne pas s'attaquer à son assiette avant que tout le monde soit à table, ne pas couper la parole à quelqu'un, je pense que même si l'on ne connait pas ses règles, un petit peu d'observation et d'instinct suffisent à en percevoir les principes.

Il semble que les bonnes manières soient surtout un large sujet dans le savoir se comporter à table, comment organiser un repas, construire un plan de table... Bref, dans l'art de recevoir, et d'être reçu. Je ne parlerai pas ici de Nadine de Rothschild et de ses ouvrages en la matière. Sans manquer de respect à cette dame, ce n'est pas quelqu'un que j'affectionne.

En revanche, j'ai un petit ouvrage qui s'intitule "Savoir recevoir, savoir vivre", que j'avais reçu en cadeau il y a presque 18 ans par France-Loisirs. Je l'ai toujours gardé, parce que s'il énonce des principes fort utiles, il est surtout très très drôle !

En ouvrant la première page, je suis tombé immédiatement sur le sujet qui servira l'anecdote concernant le comportement le plus impoli et le plus grossier que j'ai eu à subir..

En voici un extrait :A Montréal, nous étions une adresse intéressante pour venir nous visiter. Juste l'avion à payer, et hop !

Nous avions deux sortes de visiteurs : ceux que nous invitions...et ceux qui s'invitaient. Bien évidemment, le malaise est venu de la seconde catégorie qui, fort heureusement, n'était pas la plus importante. A un moment qui n'était certainement pas le plus favorable pour recevoir du monde, nous arrive un message disant qu'une petite famille (père, mère, et enfants de 4 et 1 ans) serait ravie de pouvoir être accueillie durant quelques jours. De notre côté, le message passe avec diplomatie que cela devra être étudié car les conditions ne sont pas idéales pour recevoir actuellement toute une famille. Qu'à cela ne tienne : un autre message arrive un peu plus tard,pour réitérer la demande et disant aussi, sans détour "Hé hé...dites le qu'on vous gêne, hein...!"

Ben justement, et même si cela était vrai, mais parce que nous étions polis, nous avons accepté de recevoir ce petit monde. Ce fut fait. Avec les désagréments qui sont venus avec, mais sur lesquels, étant bien élevés, nous n'avons fait aucune observation. Au contraire, nous avons fait le maximum pour bien recevoir, avons libéré plusieurs pièces, nous sommes rendus disponibles.

Une fois la petite famille repartie en France, le petit mot de remerciement nous est arrivé. Quand je dis remerciement, je plaisante, puisqu'il n'y avait aucun merci dans le message. En revanche, il y avait des réflexions sur notre vie privée, et la phrase la plus élégante du message :

Et puis dernière petite chose, si vous recevez du monde, heu, comment dire, sans vouloir te vexer, attention au ménage :D

(Au passage, sans vouloir me justifier, ceux qui me connaissent savent que ce n'est vraiment pas un procès qu'on puisse me faire !).

J'ai donc pris ma plume pour répondre à celui qui ne voulait pas vexer (ce qui était tout à son honneur en balançant de telles phrases) et, tout en respectant les règles de courtoisie et de politesse, me suis toutefois dédouané de cacher certaines vérités qui, comme chacun le sait, ne sont pas toutes bonnes à dire. Autant dire que cela a dû vexer de l'autre coté, parce que c'est encore à moi qu'on conseillait d'aller consulter ensuite, suite à ma réponse. Bah, pour moi, l'affaire était entendue, et terminée, et n'ai pas perdu d'énergie à me lancer dans d'autres réponses qui m'indifféraient.

Toutes les personnes à qui j'ai conté l'anecdote ont été outrées d'un tel message (et encore, ici, je ne dis pas tout !) Le plus extraordinaire, c'est que aucun mea culpa ne soit venu, aucune conscience sur sa grossièreté et sur son impolitesse ne se soit réveillée.

Ce qui m'amène à conclure que, dans le domaine de la politesse et du savoir-vivre, tout s'acquiert dans l'enfance... Après, il est déjà trop tard !