mardi 13 mars 2007
jeudi 8 mars 2007
Alys Robi, la première Star du Québec
Internet est un outil merveilleux pour y chercher de l'information. J'en apprends beaucoup sur cette dame, et surtout qu'elle a été un phénomène extraordinaire en son temps. Il y a même un film qui retrace sa vie (Ma vie en cinémascope) que je m'empresserai d'acheter, juste après les quelques CD que j'ai pu me procurer. Je vais essayer de résumer ce film.
Alys Robi est née Alice Robitaille en 1923 à Québec, dans le quartier ouvrier de Saint Sauveur. Son père, qui fait des galas de lutte à travers le Québec, la fait participer à ses spectacles. A l'âge de seulement 4 ans, la petite Alice monte sur les planches et chante, pour la plus grande joie des spectateurs. Elle chantera en plein air sur les plaines d'Abraham.


La petite Alice a la chanson dans le sang. Elle est née pour chanter, et elle orientera sa vie dans ce sens. Elle connait ses premiers succès dans les villages, en chantant en plein air. A sept ans, elle fait son premier gala officiel dans la ville de Québec, au théatre du Capitole. Son père lui prédit même une carrière internationale, et l'épaule dans tous ses spectacles.
Encore adolescente, elle décide cependant de se passer de la tutelle de son père. Elle veut se rendre, seule, à Montréal, pour y réussir. C'est plus ou moins une fuite. Elle s'éloigne de sa famille, et de l'église, dont le discours sur la morale et le péché semble imprimer des pensées assez terrifiantes dans son esprit.


Mais l'éloignement est aussi une grande douleur parce qu'il lui faut laisser derrière elle son frère cadet, de santé très fragile, et à qui elle voue un amour exclusif, presque maternel.

Néanmois, elle rêve de sa carrière plus que tout, et un soir où son père est absent, elle se sauve et prend le train pour Montréal.

Elle y rejoindra une petite troupe dont elle connait un peu les membres. Alice chante bien, très bien, même. Elle ne tardera pas à dominer toute la troupe. La vedette, c'est elle désormais. L'adolescente fait peu à peu place à une jeune femme sûre de son talent. Alice Robitaille est désormais Alys Robi.


Grâce à la troupe, qui fait des tournées à travers le Québec, Alys rencontre son premier grand amour, Olivier Guimond. Lui est déjà un artiste, et fils d'artiste, confirmé. La notoriété d'Alys s'accroit.


Cet amour ne durera pas longtemps. Déjà, il y a le poids du péché sur les épaules d'Alys. En effet, Olivier est un homme marié, et les paroles du curé résonnent encore aux oreilles de la jeune femme. Mais surtout, la seconde guerre mondiale va donner un souffle plus fort à la carrière d'Alys. C'est elle qui se chargera de remonter le moral des soldats mobilisés.


La carrière d'Alys s'envole littéralement. Elle finit par échapper à Olivier, qui la laisse partir avec résignation. Alys se produit dans les plus grands cabarets et finit par être remarquée par un compositeur et chef d'orchestre, Lucio Agostini.


C'est le début d'une grande association. Amoureuse, tout d'abord. Et artistique ensuite. Sous la férule de Lucio, Alys orientera ses chansons avec les rythmes latinos, brésiliens qui la feront comparer immanquablement à Carmen Miranda. Ce sont des airs qui ont fait avec succès le tour du monde : Tico-tico, Besame mucho, Adios muchacho...
Lucio la fera venir à Toronte, où il possède une radio. Les ondes propulseront dans le Canada anglais, et aux Etats-Unis, la voix et le talent d'Alys. Elle se fera bientôt connaître à New-York, Rio de Janeiro, Paris, Mexico.



C'est la gloire, l'apogée. Hollywood la réclame. Alys devient une vraie star, avec ses caprices et ses exigences. Elle croit pouvoir tout acheter, et même offrir les meilleurs médecins à son jeune frère Gérard, dont la santé décline et qui s'en va inexorablement vers la mort. Les déceptions s'accumulent. Lucio est aussi un homme marié, peu disposé à quitter sa femme pour Alys, qui en souffre terriblement.



Elle sombre peu à peu dans la dépression, mais accepte néanmoins un contrat à Londres, où elle se fera également connaître.

Mais elle continue également à s'étourdir de travail au Québec et aux Etats-Unis. Elle s'y épuise, prend peur de la foule qui l'adule... Les premiers signes importants de la dépression se font sentir : pertes de mémoire sur scène, fuite des lieux publics... Elle sombre de plus en plus. Les nouvelles de son frère sont de plus en plus mauvaises...



Puis c'est la descente aux enfers. Alys décroche, néglige sa carrière. Elle revient au domicile de ses parents. Ce qui est une profonde dépression nerveuse sera interprété comme de la folie. contre son gré, son père la fait interner. C'est un cauchemar. Alys Robi n'est plus qu'une malade ordinaire, qui sera considérée comme folle. Elle subira des traitements inhumains, mais qui étaient monnaie courante dans les années 40. Douches et bains forcés, promiscuité avec de véritables fous, bagarres, electrochocs, camisole de force... elle ne sera autorisée à sortir que pour voir mourir son frère et assister à ses obsèques.



Elle aura beau supplier son père de l'emmener loin de cet enfer, celui-ci restera sourd à ses suppliques. Après cinq ans et quatre mois en institut psychiatrique, il lui faudra subir alors l'extrême : la lobotomie. Entre 1935 et 1955, 100.000 personnes ont subi une lobotomie. Bien peu ont réchappé de cet intervention. Alice Robitaille en fait cependant partie.

Le film se termine sur une note d'espoir. Le père vient cherche la fille pour la sortir définitivement de l'internat. Cette dernière photo m'a fait penser au film "les Temps modernes" où l'on voit s'éloigner les deux silhouettes de Charlie Chaplin et Paulette Goddard. C'est la même image finale dans chacun de ses deux films.

Ce film raconte donc le destin extra-ordinaire d'une femme qui ne l'est pas moins. C'est un très beau film, dont les qualités sont nombreuses. Il est servi par une excellente interprétation, notamment celle de Pascale Bussières dans le rôle d'Alys. La photo est superbe, les costumes, les décors, et la bande son également. Pascale Bussières interprète avec bonheur elle-même les succès d'Alys Robi. Ce film, c'est aussi à la fois "Gilda", "Amadeus" (pour les scènes de folie), les films d'Almodovar...
Il y a des suppléments dans le DVD qu'il ne faut pas manquer. On y voit Alys Robi aujourd'hui, qui rencontre les acteurs de sa propre vie. C'est très émouvant. Alys Robi a découvert le film aux côtés des acteurs. J'imagine l'intense émotion qui devait étreindre tout le monde. La peur de n'être pas dans la vérité vis à vis d'une vieille dame de plus de 80 ans qui devait revivre l'extrême douleur et la grandeur de son incroyable destin.



Alys n'a jamais cessé de chanter. Mais il va sans dire que refaire surface a été plus que difficile après de telles épreuves. Elle a tenté de revenir dans les années 50. Hélas, le public, dont les goûts avaient évolué, et qui n'était plus tout à fait le même non plus, a été bien indifférent à son talent. Il a suffi d'une chanson, écrite par Luc Plamondon et interprétée par Diane Dufresne, pour sortir de l'oubli et honorer cette incontournable dame de la chanson québecoise. Une seconde carrière a alors pu commencer.
Ce film honore cette artiste de son vivant, ce qu'elle a noté avec émotion lors de la projection du film.
Amis québecois qui lisez cet article : si vous n'avez pas vu ce film, c'est impardonnable, dépêchez-vous vite de le faire, car c'est un petit chef-d'oeuvre à ne pas manquer ! Et pour les lecteurs français, je ne le vois hélas pas proposé dans les boutiques françaises et c'est bien dommage...(mais grâce à Internet, on peut le commander sur amazon.ca...!)
mercredi 7 mars 2007
Dessins dans la neige
Le mariage du vent et de la neige, ça donne naissance à de jolis dessins comparables à ceux laissés sur le sable des plages et des dunes...
J'en ai capturé quelques uns :
Promenade par moins 20 degrés.
Et quand je dis froid, c'est froid...! Fait frette, quoi... Le thermonètre affichait -20 degrés, sans le facteur vent. Le facteur vent, c'est quand celui-ci s'amuse à souffler, et qu'il ne se contente pas d'être à la même température que l'air ambiant. En général, c'est beaucoup plus froid ! Le facteur vent était aujourd'hui à environ -30 degrés.
Certes, il faisait froid, mais, paré comme je l'étais, je n'ai pas subi ce froid (sauf un petit peu au mains, au Parc Lafontaine, lorsque je suis resté un peu trop longtemps à activer le déclencheur de mon appareil photos). Pour ceux qui connaissent un peu Montréal, mon parcours a été le suivant : rue Fleury, rue Christophe Colomb, rue Boyer, Parc Lafontaine, rue Saint Denis, Grande Bibliotheque, Berri Uqam, et rue Saint Denis à nouveau jusqu'à la station de métro Mont-Royal. Cela m'a fait marcher pas mal de temps dehors. J'ai entendu plus d'une fois, et je l'entends encore, la question me demandant si le froid ne me gênait pas, ne m'avait pas posé problème dans mon parcours d'émigration. Je me suis même fréquemment vu opposer l'argument : "Moi, je ne pourrais pas faire ce que tu as fait à cause du froid en hiver !".
Il faisait un temps magnifique, vraiment. Il y a une lumière extraordinaire au Québec, qui éclaire et met en valeur les arbres, les maisons, les rues. Je ne me lasse pas des escaliers si représentatifs des rues de la ville.
lundi 5 mars 2007
On a marché sur la glace...
On a marché sur l'eau ce samedi après-midi... Oh, rien de bien miraculeux : la tâche avait été grandement facilitée par l'hiver, puisque ce dernier, à défaut de transformer l'eau en vin, l'a transformée en glace, ce qui n'est déjà pas si mal !
En tous les cas, nous n'étions pas tout seuls ! Des grosses voitures 4X4, des Skidoos, des Quads, des promeneurs, à pied, en ski de fond ou en raquette....
Ce fut une promenade de plus d'une heure bien agréable, bien vivifiante pour les joues. L'occasion, aussi, de voir de plus près ces maisons en bord de lac, d'ordinaire si inaccessibles en été.
Puis nous sommes passés à travers des petits bois avant de retrouver la route principale. Nous avons encore vu de splendides paysages enneigés, avec parfois une petite rivière qui se frayait un chemin pour terminer avec une divine surprise : une petite horde de quelques biches, occupées à fouiller la neige pour trouver quelque subsistance, et dont j'ai pu saisir une image ou deux.
On a bien guetté ensuite pour voir si nous croiserions un ours ou un orignal, mais il semble que ce sera pour une fois prochaine !
samedi 3 mars 2007
Papillons - Episode 2
Certains papillons n'étaient pas visibles du premier coup d'oeil : il faut dire que ce sont des spécialistes du camouflage. L'avant dernier cliché montre un papillon que j'ai pris d'abord pour une feuille morte.
Pour mieux voir les détails, on peut cliquer sur les photos, elles s'afficheront alors en grand.
Cette petite vidéo montrera un trés bref aperçu de l'atmosphère de la serre durant cet événement.
Jour de neige
Il y a environ une semaine, nous regardions les prévisions météorologiques à long terme . Ça disait pluie et deux degrés au dessus de zéro. Autant dire que je faisais la grimace, parce que moi, la pluie, j'en avais déjà eu mon content durant mes deux mois passés en France !
Il semble donc qu'il ne soit pas raisonnable de se fier, en matière de météo, à des prévisions qui tiennent d'ailleurs davantage lieu de prédictions. Nous avons bien eu nos deux degrés...mais en dessous de zéro. Et la pluie, ça devient quoi en dessous de zéro ? Bingo ! De la neige !!!
Et pas qu'un peu ! Au moins 35 centimètres !
Moi, je ne suis pas un vieux montagnard capable de prévoir le temps, ni par son expérience, ni par ses rhumatismes. Et si on m'avait interrogé ne serait-ce qu'hier après-midi, j'aurais dit : "Oh, ben il va faire un beau ciel bleu, avec une température douce mais sèche..."
Ben oui, on a eu ce temps là depuis vendredi dernier. Seulement, ce n'est pas comme cela que ça marche. Ne dit-on pas, d'ailleurs, que les jours se suivent et ne se ressemblent pas ?
Ce matin, donc, en soulevant le rideau de la fenêtre : "Oh, il a neigé ! Non, il neige ! En ce moment !
Une demi-heure plus tard, on ne voyait déjà plus les grilles en bas du balcon. J'ai commencé par le déneiger un peu. Sans trop m'appliquer, parce que je savais que quelques heures plus tard, tout serait à recommencer...
Je n'ai bien évidemment pas voulu rester enfermé à la maison avec un temps pareil. Il ne suffit pas de proclamer à tout bout de champ qu'on aime la neige, encore faut-il prouver qu'on ne raconte pas d'histoires en disant cela.
Le programme était tout trouvé : j'irais au Jardin Botanique, admirer le paysage transformé par la neige.
Je suis donc parti vers 10h30, avec un peu de musique en poche, mon appareil photo, et une provision de piles afin de ne pas tomber en panne d'énergie pour faire mes photos.
La rue si familière était déjà devenue un espace bien inhabituel. Beaucoup de personnes étaient occupées à pelleter pour dégager leur voiture. Ceux qui n'avaient pas à s'en servir auraient une belle surprise le soir !
J'ai pris le métro jusqu'à Pie IX, et ai fait les quelques pas qui séparent du jardin botanique. Pas la peine de chercher les trottoirs, les signalisations au sol... Tout a disparu. Un simple croisement de deux routes principales devient un espace polaire indéfini... C'est très étrange. Les voitures roulent généralement plus lentement (ce n'est hélas pas le cas pour toutes), en soulevant des gerbes de neige sale et tassée.
Dans l'allée principale du jardin, mes pieds se sont enfoncés de plusieurs centimètres dans la neige fraîche. Deux ou trois clichés, puis j'ai décidé de faire une halte dans la serre aux papillons. La neige qui tombait n'était pas une neige de gros flocons moëlleux, mais des petits grains de glace, qui s'accrochaient et pénétraient le moindre espace laissé libre.
Il fallait donc que je me sèche un peu avant d'aller faire mon grand tour du jardin. Et puisque j'étais si près de la grande serre, pourquoi ne pas en profiter ? Ce fut une bonne idée, parce que la serre était quasiment déserte, et les papillons beaucoup plus enclins à voleter un peu partout. J'ai réussi des photos que je montrerai un peu plus tard.
Après un bon moment passé à l'intérieur (et comme j'avais chaud !), je me suis décidé à ressortir.
Ce fut une marche assez physique. J'ai fait le grand tour du parc, là où la neige avait été dégagée par les chasse-neige du parc. Mais je me suis enfoncé aussi dans des endroits plus déserts, là où sont plantés tous les lilas.. Rien à voir avec une promenade printanière ou estivale ! Je suis même tombé une fois...pas vu les quelques dalles en verre recouvertes par 20 centimètres de neige. Ça ne pardonne pas ! Mais bon, même pas mal !
Il y avait plus fada que moi : j'ai vu un type faire son jogging comme si de rien n'était. Pour preuve que je ne mens pas, on pourra le voir sur la petite vidéo.
